assises

Les bancs et chaises publiques sont autant de points immobiles qui jalonnent le flux de l’effervescence de la ville. Ces assises se trouvent dans des endroits divers tels les parcs, les arrêts de bus, les quais de métro… mais aussi le long des rues et des boulevards.

Extérieures, ouvertes à tous vents, elles sont le nerf d’échanges qui leurs sont spécifiques.
Les citadins dont le chez-soi est ailleurs, y déposent l’espace d’un instant, leur corps, leurs affaires, leurs soucis et leurs joies, occultant parfois l’espace public qui les environne.
Ils peuvent choisir de côtoyer le monde environnant ou le refuser, se cloîtrant dans des préoccupations intérieures.
Espace public et privé se trouvent en ce lieu étroitement réunis.
Les gens s’y reposent, abandonnent leur corps fatigué et ferment les yeux, s’exposant ainsi dans toute leur vulnérabilité.
Ils y attendent, un bus ou un train, rêvent d’un ailleurs ou d’une personne que bientôt ils rejoindront.
Ils y lisent, y mangent, téléphonent, contemplent, se rencontrent et se parlent, s’ennuient et s’étirent…

Que les assises soient minérales ou végétales, organiques ou métalliques, elles ont été conçues dans le dessein qu’on s’y pose. Elles sont un lieu de passage, habitées de façon discontinue.
A l’image de leur mémoire furtivement affectée par cette intermittence, la pellicule imprime la trace de ce léger chahut. Seule reste l’assise.

Le cadre de la photographie délimite le terrain ou va se jouer le « s’asseoir « . Juste le mouvement du corps qui s’arrête, se repose et puis repart.