Présences

PRÉSENCES

“Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des ver tiges.”
A .Rimbaud

Des présences muettes nous regardent.
Sont-ce les esprits vagabonds d’un lieu ? Des fantômes ? Des Yokaïs? Des démons ?  Des figures de l’inconscient ?
Telles des hallucinations, ces êtres amènent le spectateur à chercher l’enfoui, l’indicible, le caché. La posture frontale crée un face à face et  provoque un dialogue silencieux avec celui qui les regarde.

Nous cherchons le surgissement, l’étrange, et le mystérieux, l’intrusion de l’extra-ordinaire dans le réel. Nous ne donnons pas de réponses.

Nous traçons une ligne fragile entre le réel et le rêve, l’inconnu et le connu.

Notre  travail a commencé comme un jeu, un espace de rencontres pour confronter nos pratiques plastiques et artistiques.
Nous fabriquons des masques à partir de matériaux “pauvres”, simples, brut: du carton et de la de la peinture, pour aller à l’essentiel, sans fioritures, sans exotisme ni parodie.
La photographie nous amène l’aspect réel du monde. Elle permet de donner vie à ces figures “extraOrdinaires”
Le télescopage produit par la confrontation de ces deux éléments (masques peints et photographie) crée une interrogation et un trouble qui ouvre la porte vers un ailleurs.

Les lieux sont soigneusement cherchés et choisis. Ils nous évoquent des points de passages, de rencontres possibles entre conscient et inconscient.
Ce sont des lieux urbains ou péri urbains qui semblent avoir été désertés et dans lesquels il reste des traces d’activité humaine.

En portant à tour de rôle un masque nous délaissons notre identité, pour faire surgir, le temps d’une prise de vue, des personnages inconnus.
La photo fixe ces êtres furtifs et vagabonds que nous incarnons brièvement.

Benjamin Bachelier et Pauline Rühl Saur